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Afrique subsaharienne : ce que le trimestre change pour les investisseurs

Bois tropical, agro-industrie, capital-investissement, marchés de capitaux : tour d'horizon des secteurs suivis par le cabinet, de juillet à octobre 2026.

Octobre 2026·6 min de lecture
Comité éditorial, G.Mercury & Cie
Afrique subsaharienne : ce que le trimestre change pour les investisseurs

De juillet à octobre 2026, la demande de bois tropical est restée faible. Dans le même temps, les États ont précisé les règles de la filière. Dans l'agro-industrie, les prix agricoles se sont retournés et la question de la trésorerie s'est imposée. En parallèle, le capital privé investi a progressé et la BRVM a atteint un niveau record. Tour d'horizon des secteurs et des métiers suivis par le cabinet, de l'Afrique centrale à l'Afrique de l'Est.

Bois tropical : un marché qui se resserre, des règles qui se précisent

En Afrique centrale, premier bassin forestier du continent, la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) table sur une production gabonaise d'environ 3,1 millions de mètres cubes en 2026. Les recettes d'exportation de la filière avaient reculé de 23,7 % en 2025. Trois causes sont citées : la fin de l'exportation de grumes, la crise immobilière chinoise et la concurrence du pin brésilien. L'Association technique internationale des bois tropicaux (ATIBT) n'attend pas d'amélioration avant la mi-2027.

Les prix donnent toutefois un premier signal. Selon l'Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT), l'okoumé scié de premier choix est remonté à 450 euros le mètre cube FOB en juillet, contre 420 euros en juin, avec le retour d'acheteurs chinois. Un mois ne fait pas une tendance, mais la direction est la bonne.

Les États ajustent leurs règles. Au Congo, le Conseil des ministres du 14 octobre 2026 a approuvé le projet de loi créant une agence de contrôle des produits forestiers à l'exportation et à l'importation, ainsi que le cahier des charges général des conventions et permis, désormais attribués par appel d'offres. Au Cameroun, la loi de finances 2026 réduit de 25 % la redevance forestière annuelle, et de 35 % pour les exploitants certifiés. Au Gabon, le Gouvernement a engagé en juillet un calendrier de remboursement des crédits de TVA des industriels du bois, ce qui donne de la visibilité à la filière.

Agro-industrie : le retournement des prix agricoles

La Côte d'Ivoire a fixé le 1er septembre le prix bord champ du cacao à 1 200 FCFA le kilo pour la campagne principale 2026-2027, contre 2 800 FCFA la campagne précédente. Au Ghana, le COCOBOD anticipe une récolte 2026-2027 en baisse d'au moins 16 %. À l'échelle de la CEMAC, l'indice BEAC des prix des produits de base exportés avait reculé de 21,8 % au premier trimestre, sous l'effet surtout du cacao.

Le palmier à huile montre un autre visage : au Gabon, les récoltes de régimes ont progressé de 82,2 % au deuxième trimestre 2026 par rapport au premier. Côté hévéa, la Côte d'Ivoire est en passe de devenir le troisième producteur mondial de caoutchouc naturel ; la valeur de ses exportations a été multipliée par cinq entre 2015 et 2024. En Afrique de l'Est, le Kenya a lancé en juillet son plan national d'investissement agroalimentaire 2026-2030.

Financement de l'industrialisation : l'épargne africaine au centre du débat

Selon l'Africa Finance Corporation, les capitaux domestiques non bancaires du continent dépassent 2 000 milliards de dollars, dont plus de 1 000 milliards détenus par les caisses de retraite et les assureurs. La question n'est plus seulement de mobiliser des capitaux, mais de les orienter vers des projets prêts à être financés. Ce sera le fil du sommet Africa PPP, du 11 au 13 novembre 2026 à Nairobi.

Capital-investissement et marchés

D'après l'AVCA, le capital privé investi en Afrique a atteint 3,7 milliards de dollars au premier semestre 2026, en hausse de 65 % sur un an, pour un nombre d'opérations en recul de 16 %. À Abidjan, la capitalisation du marché des actions de la BRVM a dépassé 20 000 milliards de FCFA en août 2026. Le Nigeria a pris le 30 juin la présidence du Conseil des ministres du Commerce de la ZLECAf.

Ce que l'investisseur peut en retenir

  • Juger une entreprise sur son cycle d'exploitation, et pas seulement sur sa marge.
  • Voir dans la réforme réglementaire une barrière à l'entrée autant qu'un coût.
  • Privilégier la transformation locale adossée à des marchés diversifiés.

Ce texte est une synthèse d'informations publiques, à la date de sa rédaction. Il ne constitue ni une recommandation d'investissement ni une notation.

Sources

BEAC, prévisions de la filière bois (Gabon Media Time, 16/07/2026)

OIBT, prix des bois tropicaux (Wood Central, 15/07/2026)

Compte rendu du Conseil des ministres du Congo, 14/10/2026

Loi de finances 2026 du Cameroun (EcoMatin)

Prix bord champ du cacao, Côte d'Ivoire (01/09/2026)

COCOBOD, prévisions de récolte (Reuters, 31/07/2026)

BEAC, indice des prix des produits de base exportés, T1 2026

DGEPF Gabon, note de conjoncture (EcoMatin, 12/10/2026)

Agence Ecofin, caoutchouc naturel en Côte d'Ivoire (01/03/2026)

Africa Finance Corporation, état des infrastructures en Afrique 2026

AVCA, capital privé en Afrique, premier semestre 2026

BRVM, capitalisation du marché des actions (Financial Afrik, 20/08/2026)